Shanghai 6:00 le mardi 1er mai, petit dej%u2019 rapide et derniers préparatifs, mais où est mon chargeur d'appareil photo?? Départ sur les chapeaux de roues, nous filons sur Tian Shan lu grâce aux 2 taxi que nous avons pu réserver la veille! Premier contact avec la foule qui envahit les aéroports, les gares et les sites touristiques à l'occasion de ces quelques vacances du 1er mai... 2 heures d'avion, 30 minutes de minibus et rebelote, insertion dans une file d'attente pour acheter nos billets de train de Taiyuan à Pingyao... Plusieurs obstacles s'opposent d'abord à nous: ici, pas de traduction en anglais comme à Shanghai et aucune idée des horaires de train pour Pingyao! Finalement, c'est un gardien qui nous guide à travers la foule jusqu'au guichet en nous faisant passer devant tout le monde. Manque de chance, le train partant dans 3/4 d'heure est plein et les billets que nous finissons par acheter sont pour un départ à 18:00. Cela nous laisse le temps d'aller déjeuner, donnant ainsi l'occasion aux garçons de découvrir la joie des hot pot, « la fondue chinoise ». Après quelques photos au fil des avenues de Taiyuan (ville industrielle du sud du Shanxi), de rencontres insolites aves les gens du coin qui nous dévisagent façon "quand on arrive en ville", nous voici de nouveau au milieu de la salle d'attente de la gare, des milliers de pairs d'yeux fixées sur nous. 17h45, ça y est, les barrières s'ouvrent et les gens se précipitent pour être les premiers dans le train: il n'y aura pas de place pour tout le monde! Nous sommes dans le dernier wagon, et réalisons bientôt que nos places ne sont pas "assises", nous devrons nous tenir debout au milieu du passage puisque l'entre-deux wagons est réservé au contrôleur : un contrôleur par wagon! Ce dernier se préoccupe de l'organisation des sacs de voyage dans les racks, de la distribution d'eau chaude qu'il a fait bouillir sur un réchaud dans un grande théière en fer, et, nous voyant débout, nous demande où nous allons... "Women qu Pingyao", et très vite les gens autour de nous commencent à se serrer sur leurs sièges en bois pour nous faire de la place, et pouvoir plus aisément nous poser des questions, ce que les Chinois adorent faire avec les "Laowai" (étrangers). De Taiyuan, nous avions réservé un hôtel par téléphone et négocié une grande chambre pour 5. A la descente du train, nous sommes accueillis par un homme tenant un panneau "Vincent" dans ses mains. Ce dernier nous fait grimper dans une espèce de voiture de golf rallongée, qui se faufile dans la ville fortifiée, au gré des ruelles bordées de maisons en briques aux toits à bords relevés, éclairées par des lampions rouges: arrivée magique! A l'hôtel, les gens sont particulièrement chaleureux, et lorsque nous posons des questions pendant notre repas sur le moyen le plus pratique de repartir d'ici vers le nord, le Manager n'hésite pas à nous renseigner avec le sourire et à s'engager à nous réserver des couchettes dans le train de nuit du surlendemain. Après un petit tour dans la rue principale parmi les boutiques « d'Antiquités » et une Pina Colada sur la terrace d'une cour carrée, espèce de patio au milieu des maisons traditionnelles, nous dormons d'un profond sommeil sur des matelas futons de 3 cm et des oreillers de lavande séchée...
Le lendemain matin, nous apprenons au petit déjeuner, buffet à l'occidentale (chouette!), qu'il n'y a plus de chambres dispos dans cet hôtel, mais que nous aurons des couchettes dans le train de nuit du lendemain! Qu'à cela ne tienne, après s'être empiffrés pour la journée, nous louons des vélos et partons visiter un temple à 7 kms de la ville, puis les remparts et les hôtels et autres guesthouses jalonnant les ruelles de Pingyao... Notre choix pour la nuit porte sur une "auberge" vétuste mais traditionnelle, à quelques pas de la rue principale. Les garçons décident d'aller s'installer dans la mansarde au dessus de notre chambre. C'est le c%u0153ur léger que nous repartons nous jeter dans la foule de touristes chinois, en quête d'un endroit où manger. Très friands d'aventure, nous nous asseyons sur les petits bancs des tables des vendeurs de rues pour manger les pâtes épaisses et épicées faites sur place par la maitresse de ces lieux. Aussitôt assis, une horde de Chinois se précipite vers nous pour se prendre en photo à notre table et nous demander d'où l'on vient! A force de nous faire dévisager, prendre en photo, héler dans la rue, nous finissons par nous prendre pour des célébrités, et c'est à celui qui se fera le plus remarquer! Nous couronnons la soirée à jouer au dés et à boire de la Vodka-jus de pomme frais (!) dans le seul bar de la ville, pleins de Laowai et de riches Chinois, avant d'aller traverser l'entrée de notre auberge, où le maitre des lieux dort sur la table au milieu de la salle à manger, et de nous écraser pour la nuit sur nos lits à sommier en bois (cette nuit pas de matelas !).
Réveil tardif pour les garçons qui ont finis la soirée après moi, même si dès 8h du matin, des enfants jouent bruillament dans la cour, juste sous nos fenêtres. C%u2019est normal, le bruit fait parti du quotidien en Chine et il y a beaucoup trop de monde pour que l%u2019on fasse attention à ne pas déranger son voisin ! Douche froide pour moi, première à me lever et à me rendre compte que la prise qui relie le ballon d%u2019eau chaude n%u2019a pas été branchée, grmmmfff ! Aujourd%u2019hui visite des remparts, des temples et des anciennes maisons de Pingyao. Le temple du Dieu de la Ville retient mon attention plus que les autres temples : tuiles peintes jaunes, vertes, bleues, dans le même style que la Cite Interdite à Pékin, petits temples animés ou les gens viennent saluer les statuts des Dieux de l%u2019encens dans les mains, tables de jeux d%u2019échec et de Mah Jong au milieu d%u2019une des cours du temple%u2026
Dans la soirée, départ en train couchette vers Datong, ville minière du Nord du Shanxi, qui nous servira de point de chute pour la visite de plusieurs sites alentours. Les trains couchettes sont plutôt conviviaux dans les trains en Chine, pas de portes aux compartiments et les odeurs de Tofu et de pieds macèrent allègrement dans l%u2019air, no comment ! Le contrôleur du wagon nous réveille avant notre descente du train pour récupérer les pass qu%u2019il nous avait donné en échange de nos billets, classés ensuite selon notre couchette et notre compartiment dans un grand porte-carte%u2026 Arrivée à destination à 5:00 du matin, sacs sur le dos, direction le bureau du CITS (Centre de Tourisme). Malheureusement, le bureau n%u2019ouvre qu%u2019à 6:00. Finalement, après un petit tour des hôtels miteux entourants la Place de la Gare, sans succès, nous nous affalons sur les sièges de la salle d%u2019attente à l%u2019intérieur de la gare. Quelques minutes plus tard, le responsable du bureau du CITS s%u2019adresse à nous sans que nous ayons besoin de nous présenter, apparemment, il a l%u2019habitude ! Nous sommes contents après avoir passé la nuit dans le train d%u2019être pris en charge : les responsables du bureau nous trouve une chambre avec salle de bain et un dortoir dans un hôtel tout prêt et nous vendent des tickets pour un voyage organisé pour la journée aux Grottes des 50 000 Bouddhas et au Monastère Suspendu, partant en minibus dans 2 heures, juste le temps pour nous de prendre un petit déjeuner, de squatter la chambre qui venait d%u2019être réservée et où les femmes de ménages n%u2019avaient pas fini de nettoyer, pour prendre une bonne douche et enfin déposer nos sacs. Départ pour les Grottes et 5 minutes plus tard, la Bande des 5 dort profondément !! Tout au long du voyage, un guide nous accompagne et nous donne plus de détails sur la ville de Datong et ses environs dans un anglais fort d%u2019un accent chinois auquel nous finissons par nous habituer à la fin de la journée. Comme tout guide chinois qui se respecte, elle possède un drapeau qui nous permet de la suivre dans la foule%u2026 Nous en profitons donc pour nous échapper, sachant que le rendez-vous de départ pour le Monastère Suspendu est prévu deux heures plus tard. Les Grottes, qui sont plutôt des cavernes, sont absolument impressionnantes : elles contiennent environ 51 000 statues de Bouddhas allant de 3cm à 30m de hauteur, terrible ! Ici encore, les gens s%u2019approchent de nous et nous demandent s%u2019ils peuvent se photographier avec nous%u2026 nous jouons le jeu, et les garçons se retrouvent vite entourés de groupies presque déchainées !
Dans l%u2019après-midi, nous nous retrouvons au pied du Monastère Suspendu. Ce dernier, en raison des crues régulières de la rivière passant au milieu des montagnes au paysage quasi-désertique (le désert de Gobi n%u2019est pas loin d%u2019après BeuhBeuh), a été construit à environ 100m de haut sur le flanc de la montagne%u2026 Il est entièrement en bois et est renforcé par endroits par des poteaux (en bois également) fixés sur des roches en contrebas, brrr%u2026comment ce fait-il qu%u2019il soit toujours « suspendu » ?! Il est possible de visiter l%u2019intérieur du Monastère et de ce faire une petite frayeur en regardant dans le vide, mais malheureusement, à cause des vacances nationales chinoises du 1er mai, le site est envahit de touristes, et il faut plus d%u2019une heure et demi de queue avant d%u2019atteindre l%u2019entrée%u2026 Nous profitons donc de ce moment pour nous installer au calme, contempler le Monastère par en-dessous et flâner parmi les stands de pseudo antiquités et de souvenirs. En fin d%u2019après-midi, de retour dans le minibus, les chauffeurs rient de nous lorsque BeuhBeuh et Noon enlèvent leurs chaussettes%u2026 Et oui, Vincent et moi sommes les seuls à avoir pu prendre une douche le matin en arrivant à l%u2019hôtel !
De retour dans Datong, nous passons notre début de soirée dans LE bar sympa de la ville, sur la Place du 1er Mai, à jouer aux dés, et écouter le groupe « live » nous casser les oreilles sur un rythme de rock chinois%u2026 soirée sympa qui se termine dans notre 1er KFC du séjour : la facilité quand à 23h tous les restos sont fermés ! Hamburgers au poulet, frites au ketchup, commandés à la méthode Vincent-en-Chine, en passant derrière la caisse%u2026 Bref, bonnes rigolades et repos bien mérité dans de bons lits douillets !
Le lendemain est notre dernier jour à Vincent et moi avant de rentrer à Shanghai et de laisser les garçons partir pour 5 jours à Pékin. Nous en profitons pour aller voir le pan de Grande Muraille qui s%u2019élève difficilement à 1h de taxi de Datong. Ce bout de mur en terre entoure un petit village de paysans Chinois qui se cachent derrière leurs fenêtres lorsque nous le traversons. Cela nous fait un effet étrange, pas un bruit et ce pauvre morceau de « Grande » « Muraille » qui se dresse au milieu des champs où paisse un âne solitaire ! Avant, il séparait la Chine de la Mongolie, dont une partie aujourd%u2019hui a été annexée et s%u2019appelle maintenant Mongolie Intérieure. Le mur, quoiqu%u2019en ruine et fait de terre battue, reste tout de même un obstacle : j%u2019en fais d%u2019ailleurs l%u2019expérience en tentant de suivre les garçons dans leur escalade et en me retrouvant à plat ventre, pétrifiée au bord du chemin, qui, d%u2019après les moqueries de mes compagnons d%u2019aventure, n%u2019est même pas très pentu !
Bref%u2026 nous décidons de rentrer vers Datong nous promener dans la ville pendant quelques heures, au fil desquelles nous découvrons plusieurs ruelles typiques où le soleil « tape » si fort que je fini par me sentir mal et rentrer me coucher à l%u2019hôtel en pleine après-midi après avoir été obligé de nous arrêter manger une 2eme fois au « KFC ». Pas terrible comme fin de vacances, mais avant notre départ pour l%u2019aéroport, nous achetons des cacahuètes et autres graines à un marchant ambulant et nous nous installons à la table d%u2019un restaurant où les gens ne comprennent pas vraiment pourquoi nous ne venons que pour boire de la bière%u2026 Ah l%u2019apéro, belle habitude française !!
En début de soirée, Vincent et moi nous séparons de nos acolytes (qui eux partent vers Pékin le lendemain matin) pour rentrer à Shanghai. Nous nous retrouvons tous les deux à l%u2019aéroport où les douaniers ne veulent pas nous laisser passer parce-que Vincent transporte le xylophone en pierre de Noon dans son sac à dos. Après maintes explications, nous apprenons dans la salle d%u2019attente (enfin, nous devinons, d%u2019après la mine des gens qui nous entourent et le sourire gêné des hôtesses%u2026) que notre avion n%u2019est pas prêt. Plus tard, nous comprendrons que cela était du aux toilettes bouchés de l%u2019avion%u2026 Finalement, nous arrivons à la maison à 3h du matin, lessivés, mais heureux d%u2019avoir passés de bonnes vacances !
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